les emprunts

niveau 4

La modulation consiste à quitter une tonalité pour entrer dans une autre, elle peut être passagère ou de durée assez longue. Un emprunt est une modulation si brève qu'elle ne remet pas en cause la tonalité établie : en général, il ne s'agit que d'un seul accord (parfois deux) qui se substitue à un degré du ton principal. On aura un excellent exemple d'emprunt dans la cadence parfaite suivante. On sait qu'une cadence parfaite affirme une tonalité de façon indubitable, par la succession des degrés V puis I. Il est possible de substituer dans la suite des accords l'un d'entre eux pour le remplacer par un accord apparenté, appartenant à une autre tonalité : la raison de cette substitution est purement esthétique, c'est la "qualité du coloris harmonique" qui la justifie.

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 La tonalité de cette conclusion est Do majeur : on entend successivement la cadence parfaite II - I - V - I et la cadence plagale IV - I.
Sans modifier la tonalité principale, nous pouvons introduire deux emprunts assez fréquemment pratiqués : substituer au IIe degré un accord de même fondamentale mais appartenant à Sol majeur : l'accord de dominante Ré+Fa dièse+La (nous l'analyserons comme "V de V", c'est-à-dire "dominante de la dominante"). Le deuxième emprunt consistera à changer le mode du IVe degré dans la cadence plagale : en notant l'accord mineur, on emprunte au mode mineur (Do mineur) et la note La bémol apporte une coloration inattendue et intéressante, mais qui ne remet pas en cause la tonalité de Do majeur :

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 La différence entre les deux versions tient à peu de choses : c'est l'avantage des emprunts, ils apportent des fines nuances dans le déroulement tonal sans le bousculer.

Il est très facile d'utiliser les accords de septième de dominante en tant qu'emprunts : vous l'avez certainement remarqué dans les exercices précédents.
Voici un autre exemple comparé, la 1e version ne comporte pas d'emprunts, tandis que la seconde en présente trois :

13-03-1.png  Les modifications sont colorées en violet.

Mesure 1 : le Ré bémol s'explique par l'emprunt au mode mineur, où en effet, le IIe degré est un accord de quinte diminuée (Sol+Sib+Réb). 
Mesure 2 : remplacement du IIe degré par l'accord Sol+Si+Ré+Fa, dominante de Do. La parenté est étroite, d'où un effet léger.
Mesure 3 : ajout à l'accord du Ier degré de sa septième, il devient de ce fait le Ve degré de Si bémol. Cet emprunt ne bouleverse pas la cadence parfaite.

Les emprunts les plus fréquemment employés sont  :

  • Un degré appartenant au mode mineur, lorsque le ton principal est dans le mode majeur.
  • Un accord de septième de dominante appartenant à un ton voisin.
  • Un accord à trois ou à quatre sons appartenant à un tonalité lointaine, comme par exemple « l'accord de sixte napolitaine ».

Il est utile de donner ici quelques rapides explications sur cet accord, dont l'usage remonte au 17e siècle dans la musique italienne, et dont l'effet très particulier mérite d'être exploité dans les cadences. Dans la succession préparant une cadence, de type II – V – I, il s'agit de substituer à l'accord du IIe degré un autre accord dont la fondamentale est artificiellement abaissée d'un demi-ton. Cet accord est toujours sous forme de premier renversement.

Ex p140 1

L'accord « napolitain » s'analyse comme un IIe degré abaissé. L'exemple suivant en montre l'usage dans une cadence parfaite :

Ex p140 2

 L'analyse se rapporte invariablement au ton principal, car celui-ci n'est pas remis en cause dans le déroulement de la phrase : il n'y a pas de véritable modulation.

 

 Exercice : réalisez une basse chiffrée difficile, pour trois instruments.
 
Fichier de l'exercice ...   D 14  Corrigé de l'exercice ..... D 14 corrige

 

Passons maintenant au  niveau 5  et étudions les autres accords de septième

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Date de dernière mise à jour : dimanche, 16 Octobre 2016