règles harmoniques 2

niveau 1

L'interdiction des quintes consécutives est la règle emblématique de l'harmonie tonale. Le "pourquoi ?" a souvent été développé pour qu'il soit nécessaire d'y revenir. Rappelons simplement que les quintes parallèles représentaient le souvenir d'un style médiéval révolu, que leur sonorité entraîne une lourdeur fruste et qu'elles nuisent à l'individualité des voix. Une autre règle, de même nature, est également importante :

Règle : Dans l'enchainement de deux accords différents, on ne doit pas écrire deux octaves consécutives entre les mêmes voix. Ni un unisson suivi d'une octave et l'inverse. 

Cet exemple montre trois cas d'octaves consécutives prohibées :
Le premier cas (Do-Ré) entre le soprano et l'alto, le deuxième (Do-Fa) entre le ténor et la basse, et le troisième (Ré-Mi) entre alto et ténor. 

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Cet autre exemple montre des cas plus rares, pour lesquels il faut redoubler de vigilance :

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1. Les octaves consécutives qui se produisent alors que le mouvement est contraire : elles sont également interdites par la règle de base.
2. Une octave s'enchaine à un unisson : cas à éviter absolument, identique à deux octaves consécutives.
3. Quand des octaves consécutives surviennent entre soprano et basse, par mouvement contraire à la conclusion d'une phrase, cette situation est admise car il n'y a pas d'autre bonne solution. Il s'agit d'une cadence parfaire conclusive, qui justifie la dérogation.

Pour bien comprendre le champ d'application de la règle interdisant les octaves consécutives, il faut bien entendu séparer deux cas : lorsqu'il s'agit de deux octaves consécutives isolées et fortuites (quelles que soient les voix) la règle s'applique, mais quand il s'agit de plusieurs octaves sur une durée significative, dans le but de renforcer un élément mélodique, l'interdiction ne s'applique pas puisqu'il s'agit d'un effet purement instrumental.
L'exemple suivant sera admissible, car les octaves mettent en valeur le dialogue entre la basse et la voix aigue :

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Un cas à part : quand deux accords différents s'enchainent et que les octaves sont les mêmes notes (notes communes), ce mouvement oblique est tout à fait valable. Il ne représente pas une infraction à la règle. 

 

En ce qui concerne les mouvements mélodiques, les règles de l'harmonie classique sont peu nombreuses. Elles se résument, pour le moment, à deux domaines :

La note sensible :

Règle : Lorsqu'on emploie le Ve degré du mode majeur ou du mode mineur, il faut veiller à ce que la note sensible monte à la tonique lorsqu'elle est placée au soprano. Cette règle est impérative quand la sensible est au soprano (mais aussi à la basse), et que le Ve degré s'enchaîne au Ier degré.

Elle n'est pas obligatoire lorsqu'on a un enchaînement V – VI ou quand la sensible est notée à l'alto ou au ténor. Lorsque la sensible fait partie du IIIe degré (la quinte), elle n'a pas non plus d'obligation de mouvement ascendant.

3-25-1.pngMesure 2 : la sensible au soprano est contrainte de monter à la tonique, l'accord qui suit est celui du Ier degré.
Mesure 3 : la sensible à la basse monte de préférence à la tonique.
Mesure 4 : la sensible à l'alto peut descendre à une autre note de l'accord. 

Les intervalles mélodiques :
On veillera à ce que les mélodies obtenues (soprano, alto, ténor et basse) soient à peu près cohérentes, plutôt conjointes et "jolies", sans intervalles torturés et sauts intempestifs. Dans la même voix, ne pas dépasser l'intervalle d'octave d'une note à la suivante. Et veiller à ne pas écrire de croisement entre les voix : l'alto doit rester sous le soprano, le ténor entre la basse et l'alto...

 

Exercice : dépistez dans le texte ci-dessous les fautes concernant :
- les quintes consécutives,
- les octaves consécutives,
- les accords sans tierce,
- les mouvements incorrects de la note sensible, ainsi que son redoublement non admis. 

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 Entraînez vous à déceler par l'audition ces maladresses d'écriture !
Pour commencer, prenez le temps de déterminer le degré de chaque accord.
Vous pouvez travailler cet exercice sous format MuseScore ...    a-2.zip 
Vérifiez les voix deux à deux (basse+soprano, basse+alto, basse+ténor, ténor+soprano, ténor+alto et alto+soprano), cela donne effectivement 6 vérifications à faire accord après accord. Cela peut paraitre excessif, mais en négliger (pour gagner du temps) aboutira hélas à quelques déconvenues.
Vous devriez trouver 11 fautes !

           La solution est ici  ... a-2-cor-1.png  

suite des règles, sur les mouvements directs...

Nous avons vu à la page des mouvements harmoniques que le mouvement direct pouvait parfois engendrer une dureté certaine dans l'enchaînement de deux accords. Les traités d'harmonie mentionnent des règles très précises, parfois compliquées, sur ce sujet. Nous pouvons en éliminer certaines et résumer  l'essentiel ainsi :

Règle : lorsqu'on aboutit à une quinte juste dont l'une des notes est à la basse et l'autre au soprano par un mouvement direct (ascendant ou descendant), on veillera à ce que le mouvement mélodique qui aboutit à cette quinte soit conjoint au soprano.

Vite, voici un exemple !..
Rappel : on a un mouvement direct lorsque deux voix montent ensemble, ou descendent ensemble.

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Voici quatre cas différents, la quinte entre les voix extrèmes (soprano et basse) est colorée en violet, le mouvement conjoint est noté en liaison pointillée et le mouvement disjoint par un trait épais : 
1. on arrive par mouvement direct ascendant, la voix supérieure franchit une quarte. La règle oblige à un mouvement conjoint (une seconde majeure ou mineure), ce n'est pas le cas, donc cette notation est mauvaise.
2. on arrive sur la quinte par mouvement direct ascendant, le soprano (Ré-Mi) est conjoint. C'est donc une bonne notation.
3. on arrive par mouvement direct descendant, avec une tierce descendante au soprano : Cette quinte directe n'est pas valable.
4. ici, la quinte directe par mouvement descendant est valable puisque la partie supérieure est conjointe (La-Sol).

On remarque que la nature de l'intervalle mélodique de la basse n'a pas d'importance. Ni la nature de l'intervalle harmonique qui précède le mouvement direct. 

Comment éviter de telles situations ? En utilisant le plus possible un mouvement contraire entre basse et soprano. Dans l'exemple précédent, si le SOL de la mesure 1 au soprano était à l'octave supérieure, si le LA de la basse à la mesure 3 était à l'octave inférieure ... il n'y aurait plus de mouvement direct, donc plus de faute !

 

La même règle s'applique pour l'intervalle d'octave :

Règle : lorsqu'on aboutit à une octave dont l'une des notes est à la basse et l'autre au soprano par un mouvement direct (ascendant ou descendant), on veillera à ce que le mouvement mélodique qui aboutit à cette octave soit conjoint au soprano.

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1. mouvement direct ascendant aboutissant à une octave entre basse et soprano, la voix supérieure franchit une quinte (mouvement disjoint) cette notation est mauvaise.
2. on arrive sur l'octave par mouvement direct ascendant, le soprano (Do-Ré) est conjoint. C'est une bonne notation.
3. on arrive par mouvement direct descendant, avec une sixte descendante au soprano : Cette octave directe n'est pas valable.
4. ici, l'octave directe par mouvement descendant est valable puisque la partie supérieure est conjointe (La-Sol).

 

Exercice : dépistez les fautes dues à des quintes ou à des octaves directes :

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 fichier de l'exercice : a-3.zip                                                                                 corrigé de l'exercice : a-3-cor-1.png

Exercice d'écriture d'accords :
écrivez les trois voix manquantes dans le 2e accord, à la manière de la première mesure. Tous les accords sont à l'état fondamental. Chacune des dispositions différentes du premier accord vous incitera à chercher la meilleure formule pour écrire le deuxième accord, et il faudra respecter toutes les règles expliquées dans les pages précédentes !

 011 fichier A 1b.zip  
corrigé de l'exercice ... 011 cor 

Passons à l'étude du   chiffrage des accords 

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Commentaires (3)

1. om-editions (site web) mardi, 14 Juillet 2015

Exercice, 2e accord : c'est la quinte (mi) qui manque, et non la tierce (do).
La suppression de la quinte est toujours possible, parfois nécessaire... ce n'est jamais à considérer comme une faiblesse.

2. Anaëlle mardi, 14 Juillet 2015

Bonjour et merci pour ce site de très grande utilité.
Sauf erreur de ma part, il m'a paru voir que le deuxième accord ne comporte pas de tièrce, est-ce un oubli ? par conséquent je trouve donc 12 erreurs... Merci de me confirmer si il s'agit oui ou non d'une faute.
Anaëlle

3. TOHOSSOUSSI samson lundi, 12 Mai 2014

bonsoir! Une fois encore merci pour l'esprit de partage que vous avez eu en créant ce site. J'ai une doléance à vous présenter. En effet , je vis dans un village du Bénin ou il n'y a pas d'internet et je suis obligé d'aller au cyber en ville une à deux fois par semaine pour naviguer.j'ai essayé d'imprimer pour les étudier à la maison mais il me faut une autorisation. Svp autorisez moi à imprimer les cours et à télécharger les exercices audio. Les cours sont très interessants.
samson

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Date de dernière mise à jour : mardi, 28 Juillet 2015